• Protégeons les casques verts



    "LES CASQUES VERTS DOIVENT VIVRE"

    URGENCE

    RESSOURCES EN DANGER.

     

    Les hostilités reprennent de plus belle dans l’est de la RD Congo et la biodiversité en souffre chaque jour d’avantage. Le PNVi constitue un espace libre où les affrontements peuvent se dérouler et il fait également office de cachette aux hommes en armes. Face aux bombes et aux tirs nourris des parties adverses, le PNVi a été abandonné à lui-même et transformé en champ de bataille. Il est encore trop tôt pour faire un bilan. Mais que sont devenus les gardiens de l’Eden ? Regroupés dans un site à Kituku, il est déjà prévu de les installer dans le camp de déplacé de Mugunga. A quelles fins ?



    SITUATION DES GARDES


    Chaque jour, des milliers des personnes se déplacent d’une localité à une autre, de village en village pour se protéger des tueries, des viols, des violences et des pillages. Les gardes du parc ne sont pas des immortels, ils sont humains et ont droit à la protection comme tout être vivant, bénéficiant des droits reconnus par les chartes et traités relatifs aux droits de l’homme.


    Néanmoins, les institutions locales, nationales, internationales ainsi que les branches des Nations Unies qui s’occupent de la question environnementale devront réfléchir deux fois avant de proposer des mesures particulières sur la situation de la conservation et de la gestion des parcs en RD Congo.


    Les casques verts réalisent que le pays risque non seulement de perdre tout le contrôle des parcs nationaux (et de celui des Virunga en particulier) mais aussi de perdre les hommes qui s’en occupent. Et contrairement aux casques bleus, ces hommes qui se retrouvent dans un camp de déplacés ne font pas parler d’eux.


    Les gardiens de l’Eden (gardes de parc) sont des hommes porteurs d’armes. Pourtant, en situation de conflits, comme c’est le cas dans cette partie du pays, il est neutre et se doit de le rester, car la conservation ne s’est jamais mêlée de politique et n’a pas à s’aligner derrière telle ou telle autre force sur la ligne de front. Ces hommes ont pour seul mandat de protéger et de contrôler l’intégrité des ressources rares dans les limites officiellement reconnues.



    /…

    Dans le cas d’espèce, les gardes du PNVi ne sont pas des hommes ordinaires mais vivent dans à l’intérieur des frontières d’un patrimoine mondial. Le monde entier les regardent et ne peut que reconnaître leur valeur. Les capacités de ces hommes ne doivent pas disparaître tout simplement parce que certaines personnes ont décidé ainsi.



    Quel avenir POUR CES HOMMES ?


    Au milieu des troubles que traverse le PNVi, plusieurs gardes de parc viennent de tomber devant le canon de l’ennemi de la conservation de l’environnement. Ils se retrouvent souvent dans des embuscades d’une partie en arme et certains y laissent leur vie. Par ailleurs, leurs familles restent souvent malheureuses sur cette terre des hommes pour laquelle sont morts ces vaillants.


    A l’heure actuelle, les voila ces gardes déplacés de leur station de Rumangaba (pour ne prendre que cet exemple typique). Les responsables gestionnaires du PNVi ont compris dès le départ que ces hommes méritent mieux que le sort de réfugié qui leur est réservé. Ils doivent vivre dignement et dans les conditions plus acceptables.


    Si les casques bleus doivent être traités différemment des autres hommes avec lesquels ils vivent, et si en cas de danger ils sont les premiers à être évacués, il est illogique que ce traitement particulier ne s’applique pas aux gardiens de l’Eden, nos casques verts.


    Il est révoltant de voir la manière dont vivent les gardes de parc dans cette situation de déplacement. Alors qu’une quarantaine de ces gardes, envoyés sur le terrain à Rumangabo pour faire l’état de lieu et proposer une possibilité de retour, ont été capturés lors de la deuxième reprise de cette partie du parc par le CNDP, personne n’en parle, comme si ces casques verts n’étaient pas au service du patrimoine mondial.



    Point de vue


    Dans dix jours, tous les gardes de parc (secteur des gorilles) qui ont quitté la station et qui se retrouvent dans le site de Kituku vont devoir rejoindre le camp des déplacés de Mugunga. D’ici la, ils vont se fondre dans la masse en raison de la volonté de certaines personne de les voir payer toutes ces années passées au service de la conservation. Nous devons faire comprendre au monde que ces gens ont une mission particulière qui les différencie des hommes ordinaires. Si le monde peut encore fermer les yeux alors que le réchauffement de la planète est un fait avéré, cela va être encore être pire si nous ne voulons pas reconnaître le rôle et les mérites de ces gardes d’Eden qui constitue le deuxième poumon de la planète.


    Ils vont finalement être humiliés parmi des gens auxquels ils se sont opposés pour la cause noble de la conservation. Nul n’ignore que les gardes de parc vivent en opposition avec la population qui envient les ressources du parc. Elle est toujours tentée de penser qu’il s’agit de son héritage et d’affirmer que cette terre est libre à exploiter, contrairement à la mission de garde visant à la protection intégrale.



    /…

    Le traitement infligé aux gardes ne peut être perçu que comme une humiliation et on peut imaginer la fin de leur carrière, voire même la fin du PNVi. Seul ce parc a une étendue globale de 800.000km². Même si les hommes armés arrivent à occuper une grande partie du parc, nous pensons qu’il peut encore rester à l’ICCN un lopin de terre où pourraient vivre dignement les gardes avec leurs familles en dehors des camps des déplacés.


    Un des quatre principaux secteurs du parc est encore intact. Nous pensons qu’il serait utile que les autorités et les gestionnaires du parc se réunissent avec les autres acteurs de la conservation pour étudier les mesures capables de redonner aux gardes leur dignité en mobilisant des moyens conséquents pour installer les gardes et leurs familles dans les aires protégées. Nous le disons encore une fois.



    PARADOXE


    Si les institutions comme l’union Européenne, le WWF, l’USAID, les gouvernements, etc… ont mis en jeu des milliards de dollars et d’euros pour la conservations des ressources rares dans le PNVi, pourquoi ne peuvent-ils pas investir des sommes moins conséquentes afin de préserver la vie de ces protecteurs dans la dignité pour leur conservation.


    L’association Objectif-Brousse s’est posé comme principe premier : « conservons les gorilles pour conserver les hommes ». Si cela a été fait, c’est le moment de voir comment préserver maintenant les hommes pour arriver à conserver les gorilles.


    Nous nous opposons énergiquement au transfert des gardes de parc dans les camps de déplacés aussi longtemps que les parcs seront parcs et tant que les aires protégées existent sur l’étendue du pays. S’il n’y a plus de politique de conservation en RD Congo, ce n’est pas aux gardes de parc d’en faire en premier les frais car ils ont toujours été aux avant-postes de ce combat.


    Si nous acceptons cette décision, cela signifie que nous acceptions seuls de considérer le PNVi comme patrimoine mondial et dans ce cas, les congolais sont des …….


    Pour l’association Objectif Brousse et le réseau FONCE Congo.

    Boutros KALERE M JP. Kandeva YY

    Point Focal Coordonnateur National


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